L’alimentation du hérisson

Le hérisson est l’auxiliaire de jardin par excellence. Grand amateur de limaces et d’insectes, il régule naturellement les nuisibles. Cependant, lors de périodes de sécheresse ou avant l’hibernation, un petit coup de pouce alimentaire peut lui être vital. Attention toutefois : donner n’importe quoi à un hérisson part d’une bonne intention, mais peut s’avérer mortel. Cet article est issu de notre rendez-vous Œil d’Expert sur Instagram et Facebook chaque Mercredi, en fin d’après-midi, avec le Docteur Vétérinaire urgentiste Aurel Hugounenq. 

Ce que les hérissons adorent (et ce qui est bon pour eux)

Pour aider un hérisson de passage sans déséquilibrer son régime naturel d’insectivore, privilégiez ces options saines :

  • Croquettes pour chats (au poulet ou à la viande) : c’est la solution la plus simple. Choisissez des croquettes de haute qualité, riches en protéines animales. Évitez impérativement les recettes au poisson, car le hérisson ne digère pas ces protéines marines.
  • Pâtées pour chats : très hydratantes, elles sont parfaites pour les individus fatigués. Les boîtes et sachets fraîcheur sont très appréciés.
  • Insectes séchés : vers de farine ou grillons, pour se rapprocher de son menu naturel de carnivore-insectivore.

L’hydratation : le geste le plus important

L’eau est le besoin numéro un. Placez une écuelle très peu profonde pour éviter tout risque de noyade. En été, la déshydratation est la première cause de mortalité chez les hérissons. Si vous trouvez un bébé orphelin, utilisez exclusivement du lait maternisé pour chaton en attendant sa prise en charge par des spécialistes.

Les erreurs fatales à éviter absolument

Certaines idées reçues tuent des milliers de hérissons chaque année :

  1. Le Lait (de vache) : c’est un poison. Le hérisson est totalement intolérant au lactose, ce qui provoque des diarrhées foudroyantes entraînant une mort par déshydratation.
  2. Le Pain : il gonfle dans l’estomac sans apporter de nutriments, causant des carences graves et des occlusions.
  3. Les restes de table : trop salés, gras ou épicés, ils sont toxiques pour son métabolisme.

Le conseil du Docteur vétérinaire : sécuriser le sauvetage du hérisson

Si vous trouvez un hérisson en difficulté, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un animal sauvage protégé par la loi : sa détention est interdite, sauf dans le cadre d’un transfert immédiat vers un centre de soins agréé. Tous les hérissons trouvés ne sont pas forcément en danger. Un hérisson adulte qui s’expose en plein jour, qui reste immobile au soleil ou qui semble « bronzer » est (sauf rares exceptions) un animal en détresse vitale (parasitisme massif par des asticots, blessure infectée, déshydratation sévère ou autre problème de santé).

Il est déconseillé de nourrir à la main un hérisson faible. La meilleure chose à faire est d’appeler un Centre de faune sauvage pour obtenir rapidement la meilleure prise en charge possible. Dans l’immédiat, vous pouvez :

  • Le placer dans une boite à chaussure trouée (bien ventilée), avec une bouillotte tiède entourée d’un linge
  • Lui mettre à disposition de l’eau et des croquettes humides ou de la paté pour chat
  • Les risques sanitaires : ne manipulez jamais un hérisson à mains nues. Il peuvent mordre et au-delà des piquants, ils sont souvent porteurs de parasites (puces, tiques) et peuvent transmettre des zoonoses comme la salmonellose ou la teigne. Utilisez toujours des gants épais et lavez-vous soigneusement les mains après chaque interaction.
  • Le cas des orphelins : si vous trouvez des bébés (choupissons) dont la mère est absente, utilisez exclusivement du lait maternisé pour chaton à la seringue, sans jamais forcer le débit pour éviter la fausse route.

Du Docteur Vétérinaire urgentiste Aurel Hugounenq du 3115, numéro de téléphone national gratuit, des urgences vétérinaires du Réseau Emergence.